- L’énergie de la haine ne te mènera nulle part ; mais l’énergie du pardon, qui se manifeste à travers l’amour transformera ta vie de façon positive.
- Voilà que tu ressembles à une maîtresse tibétaine, qui parle de choses très jolies en théories, mais impossible en pratique. N’oublie pas que j’ai été blessé très souvent.
- Justement, tu portes encore en toi l’enfant qui pleurait en cachette de ses parents, qui était le plus fragile de l’école. Tu portes encore les marques du garçon délicat qui ne parvenait pas à se trouver une petite copine, qui n’a jamais été bon dans aucun sport. Tu n’as pas pu effacer les cicatrices des injustices que l’on a commises envers toi au cours de ta vie. Mais en quoi est-ce que cela te grandit ?
- Qui t’a dit que tout cela m’était arrivé ?
- Je le sais. Cela se voit dans tes yeux, et cela ne te grandit absolument pas. Tu désires constamment avoir pitié de toi-même, parce que tu as été victime de ceux qui étaient les plus forts. Ou alors tout le contraire : revêtir les habits du vengeur prêt à frapper encore davantage celui qui est blessé. Ne crois-tu pas que tu perds ton temps ?
- Je crois que mon comportement est humain.
- En effet, il est humain. Mais il n’est ni intelligent ni raisonnable. Respecte ton temps sur cette Terre, sache que Dieu t’a toujours pardonné, et pardonne aussi.
Le Zahir (p. 66) - Paulo Coelho